Mais au fait, c’est quoi un OGM ?

16 12 2007

OGM, trois petites lettres qui ont fait couler beaucoup d’encre depuis que certaines plantes bien particulières ont commencé à envahir nos campagnes. Mais au fond, que sont ces organismes issus de notre course effrénée vers une certaine utopie technologique ?

Sortis des laboratoires sous le nom d’« organismes génétiquement manipulés », cette appellation a été rapidement délaissé au profit de « génétiquement modifiés », terme beaucoup plus présentable. L’acronyme « OGA » (organisme génétiquement amélioré) est maintenant avancé pour parfaire une communication bien douteuse visant à les rendre totalement inoffensifs aux yeux du grand public.

Le terme OGM a été défini par le Parlement européen comme « un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Ces organismes vivants sont ainsi surnommés chimères génétiques, du fait de leur construction issue du transfert de gènes au travers de la barrière des espèces. Cette technique, permettant de braver les lois de la nature, se nomme transgénèse. Elle permet à des êtres vivants d’exprimer des caractères qui étaient jusqu’alors propres à un autre organisme : virus, bactérie, levure, champignon, plante ou animal.

Les organismes génétiquement modifiés suscitent des controverses souvent fort mal étayées. Nous ne rentrerons pas dans le débat visant à s’interroger sur l’aspect éthique des manipulations génétiques sur le vivant. Il s’agit ici de clarifier une vision souvent biaisée en présentant les différents types d’OGM, les applications auxquelles ils sont destinés et le milieu dans lequel ils évoluent.

OGM et recherche fondamentale

Cela a été le premier domaine de fabrication et d’utilisation des OGM. Depuis les années 70, la transgénèse contribue à l’identification et la caractérisation des fonctions des gènes. Les transferts génétiques sont employés comme outils pour la compréhension du fonctionnement de nos cellules et des phénomènes biologiques en général.

La recherche tente, peu à peu, de déterminer, les liens existant entre les gènes et les fonctions de la cellule afin de mieux cerner le fonctionnement du vivant. Les OGM évoluent ici en laboratoire, donc en milieu confiné.

OGM et médicaments

La transgénèse peut également être appliquée à la modification de micro-organismes, notamment pour la production d’hormones, de vaccins ou de médicaments. C’est le cas depuis quelques années pour la production de l’insuline ou de l’hormone de croissance humaine.

La fabrication de ces substances à usage médical a été réalisée jusqu’à présent en fermenteurs, donc ici aussi en milieu confiné. Mais la course à la production pousse les industriels à se pencher sur le domaine végétal, et les essais en plein champ commencent à voir le jour, sans aucune prise en compte des énormes risques que pourrait entraîner une contamination de notre alimentation par ces plantes médicaments.

OGM, agriculture et alimentation

Ils sont principalement constitués de plantes génétiquement modifiées (PGM) qui, malgré leur refus par la majorité citoyenne, couvrent 81 millions d’hectares dans le monde. Quatre espèces, cultivées principalement outre-atlantique, occupent la quasi-totalité des surfaces : le soja (60 %), le maïs (23 %), le coton (12 %) et le colza (5 %).

En ce qui nous concerne, la France et l’Europe ont autorisé la production et la commercialisation du maïs et du colza ainsi que du tabac, de la chicorée et des oeillets transgéniques. L’importation et la transformation sont autorisées pour le soja, le maïs et le colza. Ainsi, plusieurs dizaines de millions de tonnes de graines et de tourteaux (résidus solides obtenus après extraction de l’huile des graines) sont acheminés chaque année via les ports européens, essentiellement pour nourrir le bétail dont la viande se retrouve sur nos étals. Précisons que les produits animaux ou provenant d’animaux nourris avec des OGM n’ont aucune obligation d’être étiquetés comme tels.

Les modifications opérées sur les PGM consistent à les rendre résistantes à un herbicide ou à certaines espèces d’insectes en leur donnant la capacité de synthétiser leur propre insecticide. La culture se faisant en milieu ouvert et étant directement destinée à l’alimentation humaine ou animale, le développement de cette nouvelle technologie dans le paysage mondial soulève débats, heurts et procès entre les promoteurs et les détracteurs de la génétique en plein champ.

Un grand nombre de nouvelles variétés de plantes transgéniques sont à l’étude ou attendent tout simplement le feu vert des autorités pour sortir des laboratoires et se répandre dans notre environnement. Les animaux transgéniques devraient leur emboîter le pas dans un futur proche. Les connaissances dans le domaine de la génétique restent infimes au vu de la complexité des phénomènes mis en jeu au sein des êtres vivants. La science possède encore bien peu de recul pour connaître les conséquences à long terme des modifications des codes génétiques des organismes… Qui sont déjà dans nos assiettes.


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